En ouvrant le petit livret fourni à l'intérieur de l'album, j'me suis dit : WOW ! Des photos à l'image de la cover, dont une, sur laquelle on voit peint en toutes les couleurs : « I've » sur la jambe gauche, « Change » sur la droite.
Cheveux rouge vif, jupe sexy, assurance scénique impressionnante, c'est clair, Joss a sonné l'alarme de la révolution, du changement radical. On peut en effet se poser la question si elle ne s'est pas « américanisée » ou si tout ceci n'est autre qu'un gros coup de marketing pour booster les ventes de cette nouvelle galette. Mais peut importe.
A l'écoute de « Introducing Joss Stone », on en vient rapidement à la conclusion du changement. Ici, c'est Raphaël Saadiq le chef d'orchestre, et non des manettes. En effet, cet opus puise le meilleur du groove, avec une bonne dose d'instruments. A tel point, que l'album dégage une impression de live. Un peu comme si Joss s'était enfermée dans un studio, avec une équipe de musiciens et avait enregistré cet album en toute simplicité, dans une ambiance feutrée et conviviale. Et à en croire l'intéressée, c'est plus où moins ainsi que tout s'est déroulé. Ces sessions ont donc donné naîssance à 13 bijoux, à écouter, encore et encore.
Si on la sent libérée au niveau du look, on la sent même d'avantage dans son interprétation. L'influence d'Aretha Franklin, ressort sur plusieurs titres (pour ne pas dire tous), et c'est avec intérêt qu'on écoute ce que ça donne version 2007. Le résultat global est réussi. C'est vrai, beaucoup de personnes avaient mis la barre haute (dont moi) pour cet opus, et c'est comme un léger sentiment d'insatisfaction qui envahit l'auditeur, un peu en queue de poisson, après le dernier titre. C'est vrai, le temps a vite passé et il manque peut être encore quelques calibrages pour que tout ceci soit impeccable. Les textes sont parfois un peu naïfs, sans être niais, et certains passages un poil surjoués. Normal, elle n'a que 19 ans après tout, et il est impossible d'aller plus vite que la musique. Elle a encore tout le temps pour parfaire son style. L'album n'en reste pas moins très réussi, mais il y a encore un bout de chemin à parcourir, avant d'obtenir l'étiquette de diva de la soul.